Philo-fictions, la revue des non-philosophies

The proposed topic for this issue is Energy, the texts proposals should include but are not limited to:

• Kosmos and Khaos (order and chaos)
• Kyklos and anakainos (cycles and renewals)
• Synkinésis and thumos (emotions and courage)
• Méta, pneuma, dia, gnosis, manteia (transmissions, knowledge, inventions)
• Exphrasé and phatis, logoi (expressions and languages)
• Dunamis and kinesis, mètis (power and movements, forces and disguises)
• Kairos and moira (occasions, temporality and destiny)
• Tukhê and automaton, sumbebêkos (chance, non-determisnism)
• Télos and pistis (finality, intentionality, faith)
• Hypokheimenos, ontos, bios and logos (essence and nature, life, reason, language, logic)
• Praxis, krisis, éthos, polemos (practice, action, crises, morals and conflicts)
• Energeia (force, structure, production and conservation)
• Mathemata (algorithms)
• Polis, kratos, agôn, emporion, antistasis (energy as political force, conflicts and cooperation, power games
and resistance)
• Ergon, énergeia, entropia (questioning work, struggle, risk, control and mastery)
• Philosophia and sophia (the nature of energy (philosophical and non-philosophical), strength in thought, the
refusal of thought)

EDITORS
- Jordanco Sekulovski, Temple University Japan
• General Editor (Studia Philosophica).
• Organizer & coordinator of the TUJ PHILOSOPHY LECTURE SERIES, a non-profit forum of Temple
University, Japan Campus (TUJ) for the promotion of critical thinking.
- Etienne Brouzes, ONPHI (Organisation Non-philosophique Internationale)
• General secretary of ONPHI

PUBLISHER
The book will be published as a part of the edition Studia Philosophica, under Chisokudo Publications, Japan.
The publication is set for release in 2021.

TARGET AUDIENCE
We seek contributions that will be useful references for the research community, policy makers, professionals from the
AI sector, cultural ministries and agencies, and widely communities and citizens interested on the selected topics.

DEADLINES
Abstract submission deadline: March 31, 2020
Proposal acceptance notification: June 30, 2020
Contributions submission deadline: August 31, 2020
Contributions reviewed returned to authors: November 30, 2020
Revised contributions submission: December 31, 2021

SUBMISSION PROCEDURE
Please submit your proposals by providing the following:
• Title of contribution
• Abstract (350 words)
• Brief comment on which of the recommended topics the proposed contribution is addressing (200 words)
• Contact information (Last name, first name, role, institution and mail)
• The proposals must be in English or French and submitted in a PDF format.
• Please use the Chicago Manual of Style formatting guidelines.
• To be sent via mail to jsekulovski@tuj.temple.edu and philofictions@onphi.org


The submitted proposals will be evaluated by the editorial advisory board. Its acceptance will be communicated to
authors by the editors, including the procedures for the full contribution submission. Full contributions are expected to
be 4000-8000 words. Each contribution must be original and unpublished work, not submitted for publication elsewhere.

CONTACT
For additional information/clarifications please contact jsekulovski@tuj.temple.edu and e.brouzes@onphi.org
				
				

Les philo-fictions inaugurent un nouveau genre. Ce genre n'est pourtant pas littéraire, bien que la science-fiction nous inspire sans doute, car nous ne faisons qu'appliquer la même méthode. Le roman d'anticipation spécule en effet sur un progrès possible, et sur les changements qu'introduiraient dans la réalité certaines avancées techniques. Or, ces histoires, qui livrent volontiers une morale philosophique, sont en fait fondées sur une conception unitaire, et donc métaphysique, de la science. Certes, l'imagination des écrivains reste libre, mais elle est déterminée par l'état actuel des connaissances et des procédés, par les potentialités qu'ils recèlent, et par la conviction que ces changements matériels bouleversent profondément l'existence et le récit. Leur latitude se limite donc à fixer le développement des connaissances à un certain stade, pour envisager ensuite l'incidence qu'elles auraient sur l'humanité, l'éloignant plus ou moins de l'utopie.

La philo-fiction ne peut suivre la même voie, car, non seulement la philosophie reste étrangère au progrès tel qu'il anime les sciences, mais encore son influence sur l'homme n'est pas technique. Certes, les philosophes examinent la science et les techniques, formant des disciplines telles que l'épistémologie et la technologie, développant des critiques de la cybernétique et de la technocratie, mais leur réflexion se restreint de ce fait à l'usage politique du progrès. Ainsi la fiction n'est-elle admise dans leurs discours que si elle leur permet de camper une situation qui suscite ou valide une critique contemporaine.

Notre travail sera donc toujours dominé par cette triade que forment la science, la fiction et la philosophie, triade qui produit deux rapports bilatéraux, soit quatre combinaisons au total. La science-fiction conjecture le progrès technique et ses conséquences dans le simple dessein d'émanciper l'imaginaire du passé et du présent. Mais, elle ne cherche pas, le plus souvent, à nous projeter juste dans un futur proche, que prédéterminerait encore notre histoire et notre actualité ; elle s'efforce de rompre radicalement avec cette nécessité de dernière instance, pour ouvrir l'imaginaire et la raison à une contingence absolue ; aussi la philosophie s'empare-t-elle quelquefois de ce procédé pour universaliser une réflexion sur la technique et la politique, pour le plus souvent critiquer ce que la science rendrait possible, pour mettre en garde contre des risques.

À l'inverse, la science et la philosophie pures restent pourtant réfractaires à la fiction, si ce n'est sous la forme, pour cette dernière, de l'allégorie qui explicite et popularise ses théories. La philo-fiction n'est donc pas une philosophie qui utilise la fiction pour se faire comprendre ou un récit qui entend justifier un système, l'un et l'autre procédés se rejoignant sans cesse. Il s'agit pour nous, en partant de questions ou de thèmes précis, comme [i]La clandestinité[/i] pour ce premier numéro, de réfléchir aux systèmes philosophiques qu'ils pourraient inspirer. Nous sommes convaincus que tout n'a pas déjà été dit, écrit, et qu'il est possible, au sein, en marge ou à l'extérieur de la philosophie, de penser autrement.

Conformément au titre de notre publication, la différence par rapport aux autres revues tiendra donc dans notre volonté de nous affranchir des écoles et des systèmes préexistants. Cela ne consistera pas à récuser la culture philosophique, qui est nécessaire à l'intelligence des problèmes fondamentaux, mais à en développer un certain usage, afin que, sous les auspices de la non-philosophie, naisse en nous une réflexion moins académique, une pensée des plus audacieuses.


Jean-Baptiste Dussert