Foutre de Dieu

Born at the age of 21 in 1996, Foutre de Dieu has studied drawing, economy, literature, cinema and philosophy. He has praticed cycling and gymnastic but has tried as much as possible to stay away from competitions, which is quite uneasy in the occidental way of exercising motricity and corporal schema. He has taught Methodology, English, Latin, French, Philosophy, Mathematics and Microbiology for 9 years in any scholar levels from university to nursery school.

He has made research about iconic narration in the postmodern way of questionning the Origin, about poetry and intuition of immanence in order to expose the problems of writing [i]from[/i] immanence rather than [i]about[/i] immanence, and has left academic research and teaching to focus on the contemporary problems of fluids conduction in human settlement, as heat, water or electricity, and has oriented his attention on the importance of mythic fire cult in ritual gestures in human society, from medicine-men prehistoric process of fire guarding to modern acetylenic soldering techniques.

At the moment he explores the strains of civilizing in semi-wild environnement and analyses the non-predicative behaviour of different species of animals in relationship with human woods settlement ; he concentrates his studies on physiology, dissection, biochemistry of human metabolism, neurocognitive development of human motricity and active recovery after muscular injuries or cartilage ressection. He lives in Belgium and has chosen to set up since 2005 at [i]Leuwen Catholic University[/i] because of the accessibility of Edmund husserl's and Michel Henry's archives.
Most of his recent publications were literary criticism for [i]Phocee's Poetry International Centre[/i] with which he collaborates since 2001 by the invitation from the French poet Jean Daive whom he has encountered on a project about Pierre Klossowski's works.

Apart from his Internet pedagogical activities, his most important contribution to non-philosophy is the first publication of [i][url=http://www.onphi.net/detail-livre-rosalie-superstar-51.html]Rosalie Superstar[/url][/i] ([i]Omajajari[/i], Cynthia 3000, 2007), which is, rather than a dramatic poem, a kind of work in regress using the litterary form of tragedy to put on stage - as a way of setting problematics into fictional modes - three dangers that thought incurs after birth and victory, which are : Anger, Refusal and Doubt, put on stage through a series of characters around which gather most of the historic perspectives of the constitution of non-philosophy.
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« D'un point de vue strictement littéraire, c'est-à-dire en terme d'activité de production et d'invention langagière, [i]Philosophie[/i] est le nom d'une pathologie, de relevance monomaniaque obsessionnelle, tendanciellement paranoïde, voire fascisante, dont le symptôme cardinal consiste en l'élection d'un signe au rang de Concept, rang unitaire de la [i]Loi[/i] sur la représentation, avec prétention d'accéder au pouvoir de légiférer sur tout ou partie des syntaxes articulant (au sens phonatoire) le réel ou les descriptions qui en sont données dans le domaine de l'effectivité.
Imaginons un poète revenant à chaque vers sur la gloire unique d'un seul mot, un romancier n'explorant la narration qu'autour d'un seul personnage accomplissant un incessant [i]comeback[/i], ou encore, dans le domaine musical, un compositeur qui n'orchestrerait jamais qu'un seul accord sur le même timbre... tel pourrait bien nous apparaître le Philosophe au vu du discours qu'il élabore dans les Lettres, et qui le réduit finalement aux yeux de ses contemporains et de sa postérité à n'être que le promoteur obstiné d'une terminologie.

Deleuze lui-même, avec son étroite compréhension du platonisme comme manège des prétendants conceptuels au Pouvoir et son exhibition de la narratologie des personnages philosophiques (narratologie du récit conceptuel à laquelle n'en finissent pas de se livrer les éternelles monographies universitaires), Deleuze lui-même n'aura finalement réussi à échapper que partiellement à la pathologie qui le rongeait également lui aussi, par la prolifération des masques métaphoriques qu'on aura eu cependant tôt fait de reconnaître comme la variation (« répétition ») du signe sous l'autorité duquel il avait précocement inscrit sa pratique, y condensant le maximum d'extension efficiente pour le pouvoir de sa pensée (la « Différence »), à la promotion près de l'invention, suffoquée aux portes de la mort.

Si la Non-Philosophie réussit à purger notre écriture du syndrome dégénératif (logorrhées, psittacismes, dysarthries, verbalismes, persévérations, paraphrasies et autres prosopagnosies pré-lévinassiennes, avec, le plus souvent, anosognosies) qu'y induisent la pratique philosophique et les coups de sa Loi portés à l'homme, c'est qu'à cette place hyperhiérarque du Concept elle substitue le signe d'une [i]absence en ce lieu[/i], signe incisant le discours d'un retrait dispersif : le [i]vécu[/i] initial (d')une diaspora athétique inhérente (à) soi ; et aussi qu'elle promeut, dans la pratique textuelle, au lieu de la circulation fluante d'une métaphorique de substitution, l'apposition indifférente par unilatéralité de l'axiomatique.
Rendant sa pratique à l'amont souverain d'une détermination indécidable, la Non-Philosophie restitue à l'homme une écriture inventive que la chape philosophique inhibait, la soumettant au mouvant qu'elle ne saurait atteindre. Et c'est brassée à neuf que la Philosophie redevient possible, avec l'Un qui unilatéralement la remue en dépit de sa croyance spontanée en son auto-mouvement.

Cependant si l'on veut saisir quel souci de rigueur m'anime plus particulièrement, c'est celui de protéger le non-philosophe de la représentation qu'il se donne de la Philosophie au moment où il s'en offre le matériau occasional. À se contenter de définir le champ philosophique comme celui seul d'une logomachie invétérée, la Non-Philosophie court le risque de ne jamais s'autonomiser de ses origines dans les problématiques déconstructionnistes ou transcendantales et de ne jamais porter la théorie et la contemplation immanente dont elle ravit le Monde incessamment ailleurs que dans le texte ou les ratiocinations légiférantes des Autorités qui l'exercent.
Parce que la dépendance de nos productions au matériau que nous soumettons à notre rigueur est inéludable, et que s'en trouve impliqué d'emblée le domaine d'invention que l'unilatéralisation peut libérer par dualyse, nous ne pouvons nous permettre d'ignorer l'ensemble du massif non textuel que charrie la Philosophie, aussi bien en termes d'hygiène de vie, d'alimentation, d'exercices, de comportements sociaux, que d'engagement, d'ascèse votive ou d'auto-immolation sacrificielle, c'est-à-dire scotomiser l'ensemble des choix et prescriptions existentielles qu'entraîne une vie philosophique quand elle ne s'effectue pas par la voie académique.

Si l'homme a pu être initialement défini comme ce [i]vivant mystique condamné à l'action[/i], cet [i]être voué à la pratique pour des raisons qu'il ignore[/i], ou si plus récemment La Pratique a pu être décrite comme La Putain du Bordel-Monde dont La Philosophie Est La Grande Maquerelle (sans que soit d'ailleurs élucidée la question de la clientèle), nous serions à la fois naïfs et présomptueux de ne pas voir, d'une part, combien l'entretien textuel est la forme la plus efficiente du cantonnement philosophique de l'homme par les institutions et les Autorités qui s'y arborent sous les atours glorieux de l'économie symbolique et spectaculaire – forme de son amortissement par anesthésie verbigérante le plus souvent dialogique ; d'autre part, de ne pas saisir combien l'agir-en-Un, cette performativité d'essence finie qui ne se sépare pas de soi, offre au non-philosophe pour matériau occasionnal l'existence-même, cette façon particulière d'être voué à la mort (par fiction ou par empathie ?) – et de faire de ce destin l'économie d'une série de gestes, mais selon un usage et une pragmatique finis dans l'ambition de porter la praxis à un degré d'invention dont la philosophie se montre d'autant plus incapable aujourd'hui que les institutions en limitent l'exercice à la célébration de l'argumentaire ou de l'archive.

Il me faut considérer que préserver la Non-Philosophie de la Philosophie occasionale que l'Institution lui concède avec la condescendance universitaire qu'on lui connaît sera l'une des tâches imminentes qui nous incombent. À commencer par la fictionnalisation élargie des pratiques (on peut au seul titre d'exemple penser à la façon dont Peter Sloterdijk qualifie de « Wittgenstein des religions » le gûrû Rajneesh pour avoir porté la fiction et le simulacre au cœur de la multiplicité des rituels religieux, en tant qu'agirs effectifs du culte en état d'invention.), c'est toute une clameur intime qui convie le Christ-futur à sortir de l'Université pour commencer indifféremment de rendre leur possible aux praxis, c'est-à-dire pourvoir en invention nos civilités – aussi bien peut-être que nos indomptables et farouches bestialités – et non plus seulement notre [i]épistêmè[/i] et nos protocoles discursifs de législation. À ce rachat également de l'Enfer, une poignée de solitudes, disséminées comme des pollens, œuvre déjà par l'accomplissement de quelques gestes irréversibles. »

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