Platon autrement dit

Patrick Fontaine, Platon autrement dit, L'Harmattan, Paris, mai 2007

Comment distinguer Socrate et Platon, comment distinguer Platon de Socrate ?... Entre un auteur absent et un sophiste contradictoire,... entre une démarche et une pensée qui se succèdent, se chevauchent, ou se repoussent,... entre un disciple incroyablement modeste, qui s'efface derruère son maître, et le même, effroyablement orgueilleux, qui le manipule...

Au-delà des décisions des commentateurs, il faut reposer la question, et apercevoir que le disciple met l'identité de son maître au service du citoyen.

Platon n'insère rien entre l'homme et sa pensée, rien entre le citoyen et la Cité, rien entre le lecteur et le texte, ni opinion, ni idéologie, ni scepticisme, ni dogmatisme,... seulement Socrate Ce personnage tient le dialogue comme espace politique, où il reçoit toute pensée. C'est à l'homme alors de se dire lui-même, afin de suspendre la propérité absolue du malheur, qui n'a pas d'autre cause qu'un défaut d'identité.

Afin de combler ce défaut et d'établir la Cité juste, Platon affirme sans idéalisme la causalité radicale du bien. A l'opposé de ce que fera la philosophie après lui, il ne prend pas la parole et il laisse dans le dialogue l'existence humaine se signifier. Le sens de l'homme c'est ce que l'homme dit de lui-même : l'homme est radicalement bon, nul n'est méchant volontairement, mais le malheur est absolu.

Platon, autrement dit, n'impose rien à l'homme et, par postulat politique du bien, le rend maître de sa pensée.

[b]Patrick Fontaine[/b] est docteur en philosophie de l'Université de Paris X-Nanterre ; professeur certifié, il enseigne en lycée. Il est l'auteur de L'amour de la non-philosophie (Kimé). Deux ouvrages sont en préparation : La République non-philosophique et Le manuel non-philosophique de l'homme et du citoyen.